Le problème
Le Canada est l’une des quelques grandes nations modernes qui utilisent toujours le système électoral du vote uninominal à un tour. La plupart d’entre elles ont éliminé ce mode de scrutin au cours du siècle dernier. La raison est simple. Il ne permet pas la représentation de tous les électeurs et, habituellement, empêche l’application de la règle de la majorité légitime. En d’autres mots, le vote uninominal à un tour annule les principes fondamentaux de la démocratie représentative.
- Négation du droit à la représentation de tous les électeurs
- Des millions d’électeurs n’éliront personne.
- Il fausse la volonté des électeurs.
- Il crée de faux gouvernements majoritaires ou des gouvernements minoritaires instables.
- Il ne permet pas la création de gouvernements responsables.
- Il accentue les différences entre les régions.
- Peu de femmes et de membres des minorités visibles sont élus MP.
- Il crée l’apathie, le cynisme et une attitude négative chez les électeurs.
Le système uninominal à un tour ne permet une représentation qu’aux seuls électeurs qui appuient le parti le plus populaire dans leur circonscription. Les choix politiques des autres électeurs sont laissés-pour-compte.
Habituellement, la majorité des électeurs ne feront élire aucun représentant. Lors des élections fédérales de 2008, plus de 7 millions d’électeurs ont enregistré des votes qui n’ont donné aucun résultat en termes de représentation.
Puisqu’un si grand nombre d’électeurs, souvent la majorité, n’ont pu faire élire aucun de leurs représentants, les résultats en sont pour autant faussés. Un parti gagnant avec 40% du vote populaire en poche, peut ainsi occuper 60% et même davantage des sièges au Parlement et exercer le pouvoir absolu. Un autre parti qui obtient 30% de l’appui populaire peut se retrouver dans la position de n’occuper que 10% des sièges. D’autres petits partis politiques qui n’ont obtenu que de 5 à 10% de l’électorat ne sont presque jamais représentés au Parlement.
En raison de ces distorsions, le Canada est de façon générale dirigé par de faux gouvernements majoritaires, c.-à-d. qu’ils ont été formés par des partis qui ont gagné une majorité de sièges sans pour autant avoir obtenu l’appui de la majorité des électeurs. Depuis la Première Guerre mondiale, le Canada n’a été dirigé que par quatre gouvernements majoritaires légitimes, c.-à-d. des gouvernements élus par une majorité d’électeurs.
Les diverses rondes d’élections récentes démontrent que le système électoral a créé une série de gouvernements minoritaires instables. Puisque le système uninominal à un tour permet au parti en tête de popularité d’occuper un siège dont la valeur est plus élevée que celle déterminée par sa portion du vote populaire, le système offre automatiquement un incitatif aux grands partis pour déclencher à l’improviste des élections dans l’espoir de gagner assez de sièges pour s’assurer d’un contrôle majoritaire du Parlement.
Ces gouvernements qui ont obtenu moins que la majorité du vote populaire prétendent néanmoins qu’ils détiennent «leur mandat du peuple». Ces gouvernements peuvent également être formés par des partis qui ont peu ou aucune représentation dans des régions entières de ce pays.
Selon le système actuel, les résultats électoraux laissent croire que presque tous les électeurs de l’Ouest du pays ont appuyé un seul parti, tous les citoyens de l‘Ontario, un autre parti et presque tous les Québécois, un troisième parti. La riche diversité des opinions politiques dans toutes les régions n’est pas présente au Parlement.
Chaque système électoral crée des incitatifs pour présenter certains types de candidats. Le système uninominal à un tour est, à l’opposé, basé sur l’élection d’un seul candidat par circonscription laissant aux partis peu de marge de manœuvre pour élargir le nombre des candidats en lice. Les systèmes électoraux qui permettent l’élection d’un certain nombre de MP dans chaque district ou circonscription, requièrent des partis la présentation de listes des candidats. Une telle disposition offre aux partis un incitatif différent et le fait de présenter une plus grande diversité de candidats s’avère souvent une stratégie gagnante.
Lorsque les électeurs se rendent compte que leurs votes ne font aucune différence ou ne comptent même pas, ils sont peu enclins à se prévaloir de leur droit de vote. Lors de la dernière élection fédérale (2008), la participation au vote a faibli pour atteindre son niveau le plus bas. Les pays qui utilisent un système électoral équitable affichent de façon générale un taux de participation plus élevé.
La solution: divers choix pour achever un vote équitable
