Représentation équitable au Canada suggère à Jack Layton la première question qu’il devrait adresser au Premier Ministre.

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Bientôt, Jack Layton se lèvera à la Chambre des Communes pour lancer la période des questions pour la première fois comme leader de l’Opposition de Sa Majesté.

Avec respect, Représentation équitable au Canada suggère qu’en cette occasion historique, il devrait poser la question suivante.

Monsieur Le Président, lorsqu’en 1996, la droite était divisée et que nous faisions face à la perspective d’un «gouvernement libéral pour toujours», l’actuel Premier ministre, qui alors n’occupait pas de poste élu, a écrit et publié en collaboration avec Tom Flanagan, un remarquable document intitulé «Notre bénigne dictature» (Our Benign Dictatorship). Dans ce document bien articulé soutenu par une bonne recherche, les auteurs décrivent la façon dont notre système uninominal à un tour crée un regime à parti unique dont les caractéristiques sont les divisions internes, le régionalisme et le népotisme. Ils affirment, et je cite: «Pour que la démocratie canadienne devienne mature, les Canadiens doivent réagir face à ces phénomènes, comme l’ont fait les citoyens de plusieurs pays, et moderniser nos structures politiques de façon à ce qu’elles reflètent les aspirations politiques de nos communautés diverses».

Ils citent avec véhémence les résultats largement faussés suite aux élections de 1993. Le Parti réformiste avait alors gagné 52 sièges recueillant 19% du vote populaire. D’autre part le Parti progressiste-conservateur qui recevait l’appui de 16% de l’électorat, ne pouvait occuper que 2 sièges à la Chambre des Communes alors que le Bloc Québécois avec seulement 14% du vote populaire, a pu s’emparer que 54 sièges et former ainsi l’Opposition «loyale» de Sa Majesté.

Ils affirment ensuite que «le maintien d’un système uninominal à un tour au sein d’une société caractérisée par de profondes divisions ethnolinguistiques et régionales, engendre inévitablement une fragmentation du mouvement conservateur canadien». Ils ajoutent ensuite que «notre système a fragmenté de façon similaire le mouvement social démocrate».

Ils ont encouragé le Parti réformiste et le Parti progressiste-conservateur à devenir les défenseurs d’une réforme électorale suggérant que le NPD devrait en faire tout autant.

«Aucun citoyen qui se soucie sérieusement des idées politiques, qu’elles soient conservatrices, libérales ou socialistes», affirment-ils, «ne devrait se réjouir à la pensée de perpétuer le régime à parti unique puisqu’il engendre le népotisme, la corruption, le cynisme et le chaos», ajoutent-ils. «L’absence d’une réelle compétition est aussi mauvais en politique que dans le domaine de la vie économique».

Ils font remarquer que «les électeurs de la gauche ont tout aussi droit à une réelle représentation tout comme les électeurs qui appartiennent à la droite».

Ils notent ensuite que «les sociétés et organisations démocratiques modernes partagent le pouvoir. Au sein des sociétés et entreprises, des églises, des universités, des hôpitaux et même à l’intérieur de la bureaucratie du secteur public, leurs dirigeants prennent des décisions à la suite de consultations utilisant des comités et autres techniques pour établir des consensus. Seule la vie politique permet toujours la concentration du pouvoir entre les mains d’une seule faction en dépit du fait que la simple rhétorique des chiffres favorise l’Opposition. Encore plus désuet est le fait que nous persistons à structurer une équipe gouvernementale telle un régiment sous la direction d’un seul commandant qui détient presque le pouvoir absolu de nommer, discipliner et expulser les subalternes».

Ils ajoutent en conclusion que «la racine de nombre de problèmes au Canada tient au fait que le système uninominal à un tour permet au gouvernement fédéral d’imposer des mesures qui sont considérées odieuses par les citoyens habitant de larges régions du pays et que la modernisation de la politique canadienne serait non seulement bénéfique pour le conservatisme, elle pourrait être aussi la clé pour assurer la survie de la nation canadienne».

Monsieur Le Président, nous, de ce côté de la Chambre des Communes, sommes d’accord avec ce qui précède. Alors, ma question adressée au Premier Ministre est celle-ci: maintenant que vous dirigez un gouvernement majoritaire détenant moins de 40% des votes enregistrés lors de cette élection, croyez-vous toujours en la représentation proportionnelle?

Question complémentaire:

Monsieur Le Président, d’un point de vue historique, des votes enregistrés pour le NPD au plan national, jusqu’à 80% étaient des votes perdus, ne permettant l’élection de quiconque; notre parti a toujours occupé environ la moitié des sièges auxquels il aurait eu droit sur la base du nombre de votes recueillis. Cette situation a changé, Monsieur Le Président. En fait le Nouveau Parti Démocratique est maintenant légèrement surreprésenté en cette Chambre.

Cependant, Monsieur Le Président, nous placerons volontiers les intérêts de la nation au-dessus des intérêts de notre parti et nous demandons au parti gouvernemental de faire de même.

Nous supportons toujours l’idée de la représentation proportionnelle, Monsieur Le Président, et ma question complémentaire adressée au Premier Ministre est la suivante: Quand son gouvernement présentera-t-il des amendements à la Loi électorale canadienne pour permettre aux Canadiens de jouir d’un système électoral moderne, équitable et proportionnel de sorte que chaque Canadien puisse enregistrer un vote qui fasse la différence? Lorsque vous présenterez ces amendements, Monsieur Le Président, nous voterons en faveur de ces modifications.

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